Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujourd'hui (XXIII)
- à Constantine
- à Skikda
. Secteur de l'éducation
. secteur de la culture
A la même époque, l’arrivée à Skikda d'un nouveau Chef de daïra (Sous-
préfét) allait quelque peu diversifier la nature de mes activités. C'était Mr Boubekour qui venait de Constantine et que j'avais connu dans le passé. Dés la première réunion organisée au niveau de ses services, nous renouâmes nos liens d'amitié.
Un jour, au cours d'une discussion, il m'apprit qu'il était à la fois étonné et désolé par l'indigence de la ville. Venant de Constantine, berceau de l'art et de la civilisation, il avait de quoi être étonné. Je lui donnai alors quelques informations sur de nombre et la
situation des institutions culturelles de la ville et il me promit de me rappeler. Quelques jours passèrent. Un après –midi, il m'appela pour me demander de passer à son
bureau après mon travail. Ce que je fis. Il me fis alors part d'un projet qu'il avait élaboré pour relancer l'animation culturelle dans la ville. Ce projet consistait à
créer au niveau des quatre institutions de la ville : théâtre municipal(photo),
conservatoire de musique, école des beaux arts et centre culturel Aissat Idir, des conseils de contrôle et de surveillance (CCS), de les doter de l'autonomie
administrative et financière et de choisir pour chacune d’elle, un directeur. Après discussion sur les chances de réussite, j’adhérai finalement à son projet. Une
réunion plus large, réunissant les personnes impliquées dans le secteur de la culture fut décidée. Sa date fut arrêtée et la daïra( sous-préfecture) devait se charger de
lancer les invitations.
Au cours de cette séance de sensibilisation, Mr Boubekour présenta aux invités les grandes lignes de son projet. Un débat
s'ensuivit et tout le monde applaudit à cette initiative.
D'autres réunions furent alors envisagées, avec à charge des propositions avec C.V. pour les postes de directeurs et les membres devant
constituer les conseils de contrôle et de surveillance. L'idée fit le tour de la ville et reçut un accueil très favorable de la population. Après plusieurs rencontres au
cours desquelles on décortiqua les dossiers des différents postulants, le chef de daïra arrêta la liste des directeurs des quatre institutions et des membres de
leurs conseils. Je fus alors désigné comme président du conseil de contrôle et de surveillance du théâtre municipal avec Mr Mohamed
Bouteben comme directeur, le chef de daïra gardait, pour sa part, le contrôle général sur les activités de chaque
institution. Une charge de travail supplémentaire et une nouvelle responsabilité pesaient sur mes épaules. Le théâtre municipal, situé en plein centre de la ville, un
bijou ou un diamant au doigt d'une belle femme. Il était, m'a t’on dit, la copie du petit Trianon ou de Paris ou une Scala de Milan en miniature. Mais son état, après une longue période d'inactivité, n'incitait pas à l'orgueil. La première réunion du
conseil fut consacré à un état des lieux et l'on décida un toilettage général avant une quelconque reprise de l'activité théâtrale. Les moyens nécessaires à cette remise
en état furent envisagés et la commune fut chargée de débloquer les fonds et de contacter les différents intervenants ou artisans. Petit à petit, le velours et la
couleur devant envelopper les fauteuils d'orchestre, de balcons et de loges furent choisis, coupés et installés. Les différents corps de métiers: menuiserie, plomberie,
serrurerie, sanitaire etc. avançaient, sous le contrôle vigilant du chef de daïra. Enfin, l’heure de la peinture arriva et l'on fut très exigeant sur cet aspect, voulant
donner à notre théâtre une coloration agréable. Quelques années plus tard, Jane une jeune Anglaise, la femme de mon beau-frère
Naaman vint à Skikda. Elle était professeur de français dans un lycée à Lancaster et devait
préparer une thèse sur le théâtre français. Elle entendit ma femme et mes enfants dire tant de bien de notre théâtre qu'elle me demanda de le lui faire visiter et y prit même des photos pour illustrer son travail….lorsque les travaux d'aménagement
furent terminés,l'on songea à recruter le personnel nécessaire à son fonctionnement. Vint enfin le moment d'élaborer les programmes d'animation et dés l'ouverture,
il rencontra un très grande adhésion de la part de la population, notamment la jeunesse, sevrée depuis de nombreuses année de
toute programmation
artistique. les spectacles présentés étaient très variés: pièces de théâtre, chorales, musique moderne, chaabi ou andalouse etc.…De nombreuses troupes étrangères y
participèrent : française, italienne, turque, bulgare. Mais la représentation qui me laissa à l'esprit le meilleur souvenir fut le ballet chinois
qui vint à Skikda en 1983.
Ce ballet composé d'une quarantaine de jeunes danseurs, garçons et filles, anima sur les planches un
spectacle plein de grâce et d'élégance, aux couleurs chatoyantes. Ce fut un ravissement pour les yeux. La responsable du groupe, une dame d'une cinquantaine d'années était membre de l'assemblée nationale chinoise, Avant le spectacle, et pour ne pas déroger à nos habitudes, nous organisions pour nos visiteurs, une petite excursion en autocar pour leur faire découvrir les beautés de notre ville.
Le bus partit de l'hôtel Es Salam où ils étaient hébergés et se dirigea vers la sortie de la zone urbaine, traversant ainsi le village d'oued-ksob, Fil Fila et revenant en longeant les belle plages de Ben–M'hidi pour terminer le circuit au niveau de la gare ferroviaire de la ville. Pendant tout le périple, un jeune interprète, assis entre la responsable et moi- même, traduisait les explications que je donnais et qui faisaient pousser de "oh" et des "hi" d'émerveillement aux jeunes danseurs. A la fin de la promenade, la responsable
Des quinzaines économiques et culturelles étaient également organisées dans la ville. J’étais souvent impliqué dans la préparation et le déroulement de ces manifestations. Il m'arrivait aussi, parfois de faire partie de délégations se rendant à Annaba, Constantine et surtout à Alger à la recherche de personnes ou de groupes pour participer à l'animation de ces quinzaines. Skikda avait retrouvé des couleurs et de la joie de vivre.
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