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 srigina

Intervew avec le jeune écrivain Abdelbassat Saouala

7 Août 2020, 12:29pm

| 

Publié par Abdeslam Benlarbi

 

Une interview de notre jeune écrivain en l'occurrence M.Abdelbassat Saouala est une chose naturelle. Il est l'ami de Srigina et un de ses chroniqueurs. Il a commencé à écrire dans ce blog qui reste toujours ouvert à ses œuvres. Après  cinq interviewes réalisés avec des algériens et étrangers dont un Prince Italien et un Athlète Tunisien, nous voilà avec notre '' Basto'' et ce jeu de questions et réponses en espérant toujours que nos jeunes prennent la voie de l'optimisme et ce, malgré tout.

 

                                                                        Interview réalisée par

 Abdeslam Benlarbi

 

 

1) Srigina : De formation technique ou littéraire ?

Abdelbassat Saoual : Je suis de formation technique, titulaire d’une licence en génie civil, j’ai fais des

études en travaux publics, avant de quitter les bancs de l’université définitivement après une
année en master. On m’a déjà dit : “puisque t’écris, pourquoi n’as-tu pas suivi une formation
littéraire ?” Il faut savoir qu’il n’y a pas de formation spécifique pour faire des “Auteurs” de
livres, nous sommes tous capables d’écrire peu importe notre background académique.

 

2) Srigina : Ecrire arabe ou en français?

Abdelbassat Saoual  : J’ai pris l’habitude d’écrire en français, j’apprécie la culture et la civilisation

Française et je trouve en elle une grande source d’inspiration. Attention, quand je dis
“j’apprécie” la “culture” et la “civilisation” “Française” cela ne veut dire nullement que je
glorifie le passé coloniale de la “France” ni même la sacraliser. Je parle d’un héritage culturel
purement humain dans tous les domaines, de l’architecture à la littérature, en passant par l’art
culinaire, le théâtre, le cinéma… Etc.

 

3) Srigina : Franchir le pas d'écrire, est il le fruit des circonstances du moment ou un désir profond ?

Abdelbassat Saoual  : Les deux à la fois, nous avons tous, cette envie de marquer l’histoire, d'être éternel.

Ecrire un livre est une façon de s’immortaliser, c’est laisser derrière soi une trace indélébile,
c’est de là, que le besoin profond d’écrire se puise. En même temps, nous sommes poussés
par les circonstances du moment à apporter notre pierre à l'édifice, car nul être humain
conscient et cultivé ne garderait le silence devant un tel chaos ; Il a besoin d’en parler et de
tenter d’apporter de l’aide à sa communauté.

 

4) Srigina :  Dans la situation actuelle que traverse l'Algérie aggravée par le Corna virus, la parution de ton premier livre " Pénurie'' est il un défit ?

Abdelbassat Saoual  : Bien Sûr que c’était un défi, avec la maison d’édition chez laquelle j’ai choisi de

publier le livre, nous avons rencontré de grandes difficultés logistiques ; D’abord, avec le
confinement de la capitale, il nous a fallu deux mois pour que le livre fut imprimé. Ensuite,
pour le transporter d’Alger à Skikda, il nous en a fallu huit jours. Sans vouloir entrer trop
dans les détails, l’édition de livre en Algérie rencontre pleins d’obstacles d’ordre logistique,
et je profite de l’occasion pour leur rendre hommage et leur adresser un message de soutien
en ces temps de crise.
 

5) Srigina : Ecrire, est ce une réponse  à quelque chose, ou une étape vers l’approfondissement de ce créneau?

Abdelbassat Saoual  : Ecrire, c’est une thérapie. J'écris pour extérioriser, évacuer un trop-plein émotionnel

et apaiser certains maux. Je n’ai jamais songé à devenir un grand écrivain ou envisagé vivre
de mes écrits, je le fais en premier lieux pour moi-même, pour me sentir réaliser quelque
chose. Toutefois, je n’exclus guère la possibilité de m’approfondir dans ce créneau.

 

6) Srigina : Pourquoi le titre de " Pénurie"?

Abdelbassat Saoual  : La Pénurie, c’est en référence aux multiples pénuries qu’à connu notre pays en ces

temps de crise ou même bien avant. Nous avons tellement connu de “pénuries” que le mot
lui-même est devenu un adjectif qui qualifie la vie en Algérie post-coloniale ; Elles sont dues
à un état d’esprit et une culture précaire.

 

7) Srigina : A quelle franche de la société, ce livre est publié?

Abdelbassat Saoual : Le livre est censé alerter sur la situation globale dans le pays, donc, je pense qu’il

s’adresse à tout le monde ; Tout citoyen Algérien peut s’entrevoir et se reconnaître dans ce
livre.

 

8) Srigina : C'est un livre de la rentrée, au moins pour Skikda ?Quelle démarche à adopter pour le faire connaitre et le commercialiser ?

Abdelbassat Saoual  : Oui, il est le livre de la rentrée pour Skikda.

J’ai opté pour le marketing sur les réseaux sociaux, le livre est disponible à Skikda à
la librairie “Les Palmiers” en plein centre ville. Il sera très bientôt disponible chez certaines
librairies à Alger et à d’autres Wilayas. Aussi, je tenterai de le rendre disponible au niveau de
la bibliothèque centrale publique à Skikda.

 

9) Srigina : '' La Pénurie', roman est ce possible ?

Abdelbassat Saoual : Oui, j’y avais déjà pensé.

 

10) Srigina : Pour arriver à publier ce premier livre, tu devais lire, les auteurs et les titres, si possible?

Abdelbassat Saoual  : Tout comme n’importe quel auteur, avant de se voir publier son premier livre il

faudrait d’abord lire. Depuis que j’ai commencé à m’intéresser au monde de la littérature,
j’avais beaucoup plus un penchant pour les essais que pour les romans, et parmi les ouvrages
qui m’ont marqué, je cite : Les Triomphes de la Psychanalyse de Pierre Daco, Les Conditions
de la Renaissance de Malek Bennabi ou La Violence Sociale en Algérie, comprendre son
émergence et sa progression de Mahmoud Boudarene.

 

11) Srigina : La réaction de ton entourage après cette parution?

Abdelbassat Saoual  : Ce que j’ai pu constater c’est que mon entourage était à la fois surpris et content pour

moi. Il m’a largement soutenu et m’a montré son soutien à travers des messages
d’encouragements sur les réseaux sociaux. Et ce qui me fait le plus plaisir, c’est lorsque je
rencontre l’un d’entre eux dans la rue et qu’il me félicite pour cet exploit.

 

12) Srigina : Edition à Alger, la vente se fera où ?

Abdelbassat Saoual  : La vente se fera bien évidemment à Skikda, au niveau de la librairie Les Palmiers plus

Algre pour bientôt et quelques autres villes. Nous ne pouvons malheureusement pas couvrir
tout le territoir national par souci de moyens logistiques, mais nous tâcherons à couvrir ce
manque en faisant des livraisons par les services de livraison de colis, notamment par le biais
de la Poste.

 

13) Srigina : Franchement, avant de franchir ce pas, tu rêvais d'écrire un livre?

Abdelbassat Saoual  : Évidemment, je rêvais déjà d’écrire un livre, et d’ailleurs, la première fois que vous

m’avez demandé d’écrire un article éditorial sur votre blog “Srigina” je vous l’avais fait
savoir

 

14) Srigina : Ecrire pour écrire, ou passer un message?

Abdelbassat Saoual : Certainement pour passer un message, tout auteur de n’importe quel ouvrage est

porteur d’un message, le mien est de tirer l’alarme sur les différents fléaux en Algérie.

 

15) Srigina : Enfin, des gens désaérés fuient le pays, écrire un livre, est ce une réponse à ce pessimisme?

Abdelbassat Saoual  : Déboussolés par le chaos totalitaire dans lequel se noie le pays depuis bien longtemps, des gens empruntent des bateaux de fortunes en direction de l’Europe, prenant un énorme risque. Si cela avait un sens, il serait pour moi, que l'être humain à besoin de se réaliser soi-même. Le besoin de vivre une vie décente et d'appartenir à quelque chose de plus grand,quelque chose qui a du sens et des valeurs, ce besoin prime sur tous les autres, et en réponse àce besoin, les Harraga prennent, de façon plus ou moins consciente, la décision de mettre les voiles et d’emprunter ces bateaux en espérant trouver l’environnement propice qui leur permet l’accomplissement à l’autre rive. Ils mènent ici une existence absurde et sans sens, et je comprend parfaitement ce qu’ils ressentent ; Toujours est-il que la façon avec laquelle ils prennent la mer est dangereuse. Je parle dans une partie de mon livre du phénomène de l'immigration, des gens qui ne manquent de rien ici en Algérie ont décidé de partir s’installer ailleurs. comment expliquer ça ? C’est la frustration ! On vit mal ici, même en étant friqué.Mon livre n’est pas une réponse à ce pessimisme, il est son écho. C’est le reflet de ce sentiment de frustration de la jeunesse Algérienne actuelle, c’est un cri d’alerte sur la situation.

 

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A
Très intéressante lecture de l' interview de ce jeune écrivain, à qui je souhaite un bel avenir .
Répondre
A
Dés que les voies de communication seront ouvertes ( Avion ou Navire), je vous envoie une copie de son premier livre. Ce jeune à écrit dans srigina ( Edito) à trois reprises et je l'ai encouragé à aller loin dont ce premier livre. Voilà la préface écrite par mes soins. Préface :<br /> En créant le blog srigina en 2006, je ne pensais pas à sa pérennité. Aussi, des plumes de l’Algérie et de France ont participé à cette longue vie. Je parle des reportages mais le plus important ce sont les éditoriaux écrits mensuellement par des femmes et des hommes dont des jeunes sortant de l’Université.<br /> Abdeslbassat Saoula fait partie de cette population qui a répondu à l’appel pour être Rédacteur en Chef ou chroniqueur pour un édito mensuel. L’un de ses éditoriaux a fait l’objet d’une demande d’un centre français spécialisé pour être étudié. L’intéressé a proposé comme il a répondu positivement à mon invitation pour d’autres éditoriaux et de ma part, je l’ai toujours encouragé pour aller loin dans cette expédition.<br /> Le niveau académique de nos jeunes reste de nos étudiants reste à désirer mais des exceptions sont là, il faut les voir, les encourager.<br /> La pénurie est le premier travail d’Abdessamat Saoula, c’est une autopsie de la vie locale dans tous ses aspects. Décrivant les choses comme elles sont, son œuvre est à étudier par la société comme par les gouvernants.<br />