Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujourd'hui (V)
Je vous invite à voir & revoir la cinquième partie des mémoires de Monsieur Abdelmalek Belhadj-Mostepha publiée le 23/07/2007.
- A Constantine
" Bon pour le Service".
Je fus alors embarqué vers la caserne de
Monthèry, près de Paris, où résidait le Régiment du Train. La camionnette qui nous ramena de la gare, quelques autres conscrits arabes et moi-même, nous jeta, en pleine nuit, devant une baraque qui servait de bureau de renseignements." La nuit porte conseil " dit le proverbe et ce soir-là, ce fut bien vrai. Moi, qui ne possède pas un gramme de malice, allait me transcender.
Aux premières lueurs du jour, je simulais un évanouissement. Je fus ramassé vers l'infirmerie de la caserne, où je dus rester prés de deux mois ( l'été 58). Je laissais ma famille sans nouvelles, de peur de dévoiler mon stratagème. Le médecin capitaine, un juif, ma parlait en arabe, et je me gardais bien de lui répondre en français. Durant cette période, je dus faire preuve de tonnes de patience pour ne pas réagir aux " gentiellesses " racistes des infirmiers, logés dans la même salle, de l'autre côté d'un rideau. Un jour, bousculé par une épidémie de grippe et excédé par ma présence à l'infirmerie, le médecinu conseil de réforme. Pour permettre l'établissement des documents necessires, je dus décliner mon identité, les diplômes que je possédais et la fonctions que j'exerçais. Dès cet instant les regards changèrent à mon égard, à commencer par celui du capitaine et pendant plusieurs jours, j'eus peur qu'il ne changeât d'avis.
Heureusement, il s'en fit rien. Au contraire, il men demanda de le seconder lors de l'arrivée de nouveaux conscrits français. Je fus enfin ramené à Marseille, expédié en bâteaux et libéré à Constantine.
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