Cap...Mémoires d'hier et regard d'aujourd'hui (29)
Je vous invite à voir & revoir la 29 ème partie des mémoires de Monsieur Abdelmalek Belhadj-Mostepha publiée le 07/01/2008 .
- à Skikda
. Secteur de l'éducation
. secteur de la culture
CULTURE
Ce fâcheux contre- temps ne me découragea pas pour autant et les différentes activités furent poursuivies: animation et contrôle des centres culturels, participation des poètes Hassan Chelia et Abdelwahab Bounab au festival de poésie populaire à El-Bayadh, chantier informatique organisé par la jeune et dynamique association de Skikda, concours d'art dramatique ouvert aux troupes des centres culturels et un autre ouvert pour les échéphiles de la wilaya Par ailleurs, et à la demande du président de la ligue des jeux d'échecs, Mr Kabouya un tournoi international fut organisé dans les salles de l'hôtel de ville; plusieurs joueurs y participèrent, et parmi eux quelques étrangers. Le succès de cette rencontre permit la relance de ce jeu à travers la wilaya.
Contrairement aux autres chefs-lieux de
daïra, la commune de Collo ne possédait pas de centre culturel pour organiser l'animation de la ville. Mr Belabed m'informa alors de l'existence d'une église
désaffectée à l'entrée de la ville(photo).
Je pris attache avec les services du domaine concernés pour son éventuelle cession et l'accord) obtenu, je chargeai Mr
Belabed de faire l'inventaire des lieux et des travaux d'aménagement nécessaires. Une demande de subvention fut alors introduite auprès du budget de la wilaya et
Collo put enfin être dotée de grandes salles et d'une bibliothèque pour abriter les manifestations, c'est d'ailleurs dans ces lieux que le mouvement scout de la
ville organisa la commémoration du vingt-septième anniversaire de la mort d’un ancien de ses membres, le chahid
Abdelhak Kouicem.
Plusieurs ex-Officiers de l'ALN, dont Abderrzak Bouhara ( actuellement il est vice président du sénat et ancien ministre de la santé. NDRL )
et Lakhdar Bentobbal (le puissant ministre le l'intérieur du gouvernement de la
révolution.NDRL) furent convies à cette cérémonie. Ayant été l'ami de chahid( martyr .NDRL), je fus également
invité à y participer. Abdelhak, que dieu ait son âme, mourut le 16 mars 1962, trois jours avant le cessez-le feu mettant un terme à notre guerre
d'indépendance ; ce fut un ex-collègue, Mr Mohamed Kadid, compagnon d'armes du chahid, qui m'avait raconté les circonstances de son décès Abdelhak revenait
de la région de Guelma à la tête d'un groupe de moudjahidines et se dirigeait vers une destination ou il devait être promu au grade de commandant. Prés de la
commune d'Ain–Zouit, distante de prés d'une vingtaine de kilomètres de Skikda, un hélicoptère de l'armé française les repéra et se mit à les attaquer.
Abdelhak et quelques uns de ses compagnons périrent dans cette opération de laquelle Mr Kadid sortit indemne. Je fus très peiné par le récit de mon collègue et
de la mort de mon ami à la veille du cessez-le –feu. Abdelhak, originaire de la ville de Collo était arrivé à Constantine durant l'année scolaire 1953-54. Il
exerçait, la nuit la fonction de maître d'internat à la médersa, L’ex-lycée Franco-musulman actuellement lycée Hihi Mekki et pendant la journée, il venait suivre
les cours au lycée d’Aumale. C'est ainsi que je l'avais connu. Nous nous asseyions côte à côte sur une table au fond de la- classe et nous étions devenus
amis. Le soir, après les cours, nous faisions de longues promenades qui nous faisaient emprunter les tunnels de l'ex-Boulevard Joly de Brésillon, jouxtant le
pont suspendu
, près de l'hôpital. C'est au niveau de ces tunnels, où, profitant du coucher de soleil et de
l'absence de promeneurs, il se mettait à chanter. Abdelhak avait une voix magnifique. Il interprétait surtout les chansons orientales et m'informait souvent des
dernières nouvelles de la chanson égyptienne ou libanaise. C'est d'ailleurs lui qui m'annonça l'arrivée d'une prochaine vedette de la chanson: Abdelhalim
Hafed . Comme j'étais moi-même fan des chansons égyptiennes, j'écoutais avec délectation ses interprétations. Notre amitié se consolida et nous devînmes
inséparables. L'année scolaire 1954-55 arriva et avec elle le premier novembre, date du déclenchement de notre révolution. En cours de discussion, Abdelhak
m'apprit qu'il avait fait son service militaire dans l'armée française et cette information ne change rien à nos habitudes. Fin février ou début mars 1955,
arrivant pratiquement au terme de notre promenade, nous nous arrêtâmes sur la petite placette se trouvant à l'entrée du pont sus pendu il commençait déjà à faire
presque nuit. Abdelhak entama alors la célèbre chanson de Mohamed Abdelwahab: "Ayouha rakidoune tahta tourab" O vous qui
dormez sous terre! "
J'accompagnai, comme d'habitude, Abdelhak au lycée franco-musulman et ce fut la dernière fois que je le voyais car ni le lendemain, ni les jours suivants, il ne me rejoignit au lycée ; plus tard, j'appris qu'il était monté au maquis et rejoint les rangs de l'ALN( armée de libération nationale.NDRL). Je me remémorai alors la dernière chanson qu'il m'avait inter prêtée- Etait ce une prémonition et sentait-il déjà, qu'il ne sortirait pas vivant de cette guerre. Il avait pris soin de ne rien laisser paraître et chaque fois que je pense à lui, je suis tout retourné.
Une stèle avait été érigée à sa mémoire à l'endroit ou il était tombé. Mais plusieurs années après son érection, elle n'avait pas
encore été inaugurée. En 1994, dernière année de ma carrière professionnelle, je m'étais dit que si je n'intervenais pas, elle ne le serait peut-être jamais.
Avec le concours actif de Mr Hafsi, président de l'APC(conseil communal.NDRL) d'Ain-Zouit et du chef de daïra de Skikda,
nous réunîmes les conditions de son inauguration. Et elle le fût, malgré les circonstances difficiles que traversait notre pays, à la date anniversaire de sa
mort, soit le 16 mars 1994. Une grande émotion m'avait envahi alors que je racontais quelques épisodes de notre amitié une école de Skikda porte son nom ainsi
que le CEM et la rue principale de Collo. Je garde de lui trois photos une première, avec les élevés de la classe, prise dans la cours du
lycée, une deuxième ou nous étions, lui et moi, dans la forêt de pins se
trouvant derrière le lycée Hihi el Mekki et enfin, une troisième, photo d'identité dédicacée: "à mon cher Abd –el- Malik, en souvenir de notre sincère amitié
et notre année scolaire 53-54 (puis) 54-55! Le 19-3-54"
" Que dieu ait son âme"
L'évocation du nom du chahid Hihi Mekki me rappelle un incident mélodramatique: son frère Bachir était mon camarde. Nous étions en classe de première au collège moderne, actuellement lycée Youghourta. Nous venions de recevoir un nouveau professeur de dessin, un français d'origine espagnole, grand et costau- lors de la première séance, il décida de relever les noms des élèves qu'il questionnait l'un après l'autre: "comment t'appelles-tu!" il arriva à Bachir à qui il posa la même question: "comment t'appelles-tu? Tout simplement, et l'élève répondit en insistant davantage sur les "I-I monsieur! Alors, le professeur se leva de sa place, se dirigea vers lui et arrivant à son niveau lui dit "tu te fous de ma g" et lui administra une claque magistrale. Alors, le chef de classe, un Français, se leva et n'arrivant pas lui aussi à prononcer les de Hihi, explique le nom de l'élève. Alors, le professeur, sans prendre le soin de s'excuser, rejoignit son bureau et continua son travail.
Durant l'anneé 1989, j'eus également l'occasion d'organiser un autre hommage, celui- la à un moment de littérature algérienne: Kateb yacine. Un professeur à l'université de Constantine, originaire de la wilaya de skikda, Mr Driss Boudiba m'informa de la cérémonie organisée à Constantine en hommage à l'écrivain et une demanda si l'on ne pouvait pas en faire de même à Skikda l'accord de mes supérieurs me conforta dans mon idée et le programme arrête fut organisé au théâtre municipal de Skikda: exposition de photo, conférences données pas des maîtres de l'université de Constantine, lecture de passages de son texte fétiche Nedjma et pièce inter prêtée par la troupe du théâtre régional de constantine.
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