Cap....Mémoires d'hier et regard d'aujourd'hui (51)
Je vous invite à voir & revoir la 50 ème partie des mémoires de Monsieur Abdelmalek Belhadj-Mostepha publiée le16.6.2008.
Championnats de France scolaires de natation
de 1948
C'est alors qu'arriva, alors que j'étais élève au cours complémentaire Jules-Ferry ( Constantine), un professeur nommé Monsieur Maire. Il venait de débarquer de France où il avait été prisonnier des allemands lors de la seconde guerre mondiale et son sentiment patriotique était encore vivace. C'est ainsi qu'il nous apprit deux chants, en vogue encore:" le chant des africains: c'est nous les africains qui revenons de loin..." et surtout " le chant des partisans, signe de ralliement de la résistance française: ami entends-tu le vol noir des corbeaux sur la plaine..."Il était aussi mordu de natation et il réussit, au niveau de l'établissement, à constituer deux équipes, une minime et une cadette pour participer aux épreuves de qualification aux championnats de France scolaires qui devaient se dérouler chez nous à Constantine. Nous étions en 1948 et Mr Maire nous fit taille des slips et des bonnets aux couleurs jaune et noire de notre club: le sporting club Jules Ferry: SCJF. Le jour des épreuves de qualification arriva et nos deux équipes décrochèrent leurs tickets pour participer aux championnats de France: la nôtre, en minimes dans le relais 4x50 m et celle des cadets dans celui des 4x100 m. Nous reprîmes alors nos entraînements de plus belle: tous les soirs, après la classe, un ticket d'ascenseur dans la poche, nous empruntions ce moyen puis poursuivions la trotte à pied jusqu'à la piscine. Les nageurs du lycée d'Aumale, qualifiés eux aussi, se faisaient accompagner en voiture par leurs parents. Après l'entraînement, Mr Maire nous achetait des casse-croûtes et parfois nous ramenaient en ville en taxi, un jours, cependant, un accident arriva: un membre de notre équipe minime se blessa à la main et nous dûmes le remplacer au pied levé. La performance du groupe s"en ressentit mais nous persistâmes dans nos efforts. Les championnats approchaient à grands pas quand le mois de Ramadan arriva. Nos entraînements furent alors programmés après la rupture du jeune. Nous nous retrouvions devant le garage citroen, en plein centre-ville et de là, des taxis nous accompagnaient jusqu'à la piscine. La nuit, Mr Spitéri, propriétaire des lieux, n'allumait pas les lampes du bassin olympique de 5 mètres où nous nous entraînions et seules les écumes blanches formées par les battements de pieds de nous camarades nous servaient de repères. Les championnats débutèrent en plein ramadan avec des nageurs venus de France, de Tunisie, de Maroc,etc...Le jour de notre relais, notre équipe nu put surmonter l'handicap causé par la blessure de notre camarade. L'essentiel, pour nous, fut de participer à l'épreuve. "L'essentiel est participer". avait dit le baron Pierre de Coubertin (photo)fondateur des jeux olympiques. La course fut gagnée par les nageurs du lycée d'Aumale et parmi eux Guy Montserret qui, plus tard, allait devenir champion d'Europe des 400 mètres nage libre.
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