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 srigina

Cap...Le Port Romain de Stora (21/22)

22 Septembre 2010, 22:15pm

Publié par safir

Idée générale du Port Romain

 

 

 

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L'existence de ces greniers publics, au bord de la petite baie, devait l'animer d'une vie bruyante et y développer une activité que nous aimons à imaginer au milieu du calme et du silence qui en sont aujourd’hui les seuls hôtes. En visitant ces grandes voûtes, dissimulées maintenant derrière les mesquines façades des petites maisons de nos pêcheurs; en voyant dormir sur le sable de la plage leurs  frêles barques, nous ne pouvons nous empêcher de rêver, par contraste, aux grandes galères qui encombraient le port; nous assistons aux allées et venues d'une multitude de portefaix, de mesures, d'ouvriers et de scribes de toute sorte, occupés aux diverses œuvres du chargement; nous songeons alors à cette prévoyance admirable d'un puissant Etat, qui organise ainsi, dans toutes ses provinces, et assure le service de l'alimentation publique, appliquant, il y a prés de quinze cents ans, sans songer à les Coire subversives, des théories qui nous paraissent aujourd'hui anarchiques! Comme nous comprenons alors la joie décrite par Sénèque et qu'on éprouvait, de son temps, dans toute l'Italie, quand ces flottes, annoncées par de petits navires aux voiles légères, entraient dans ses ports pour amener leur précieux chargement aux entrepôts de l'Etat!

On n’a retrouvé à Stora même aucune trace d'autres bâtiments bien distincts de ces Magasins. Dans la mer, comme nous l'avons déjà dit, ne subsiste plus rien, ni du brise-lames qui protégeait le port, en tête de la jetée; ni de cette jetée elle-même, au boute de laquelle s'élevait un phare, et qui devait être, comme partout ailleurs, construite sur arcades, pour éviter l"ensablement; ni des quais qui enserraient la rade; ni des colonnes auxquelles  s'amarraient les navires; ni de la capitainerie; ni du temple de Vénus, sortant des flots, qui faisait toujours partie de l'aménagement maritime, et devait avoir, surtout ici, une place marquée; ni même des fortifications qui ne laissaient pénétrer, du côté de la terre, dans le port, que par de portes fortement défendus et qui ont dû certainement exister, pour protéger, contre tout coup de main, les importants approvisionnements qui y étaient amenés, de toute la province, par la route de Cirta, Ajoutons, enfin, qu’entre ces fortifications et les Magasins, devait se trouver un grand nombre d’habitations domestiques où  résidaient les familles des fonctionnaires de tout ordre, attachés aux services de l’Annone et du port, et les nombreux artisans, de condition libre au servile, affectés au travaux pénibles de l’emmagasinage et des chargements. 

Faut-il s’étonner qu rein de tout cela n’ait été retrouvé ? Nous ne le pensons pas, si nous considérons que, depuis des siècles, les terrains supérieurs ont subi de flots glissements qui ont dû profondément enfouir les ruines qu’ils ont trouvées sur leur passage. Nous avons, nous-mêmes, constaté ce phénomène, depuis notre établissement sur ce point de la côte. Si donc on pratiquait de profonds sondages au-dessus du petit village, adossé lui-même aux terres qui avaient presque recouvert les solides constructions dont nous venons de parler, nous estimons qu’on mettrait certainement à jour de  nombreuses substructions. L’essai, en tout cas, mériterait d’être tenté, sans de trop lourds sacrifices, sauf à aviser plus tard, si nos prévisions venaient à se réaliser.

Mais  il pourrait se faire pourtant qu’in n’en fût pas ainsi et que le port de Stora eût été réduit aux strictes installations du service maritime. La très grande proximité de Rusicade dont il était, pour ainsi dire, la porte d’entrée du côte de la mer, expliquerait alors assez bien cette absence de bâtiments, indispensables même à une petite bourgade. Il y aurait eu là une situation assez analogue, toutes proportions gardées, à celle de l’ancien Pirée  et de la ville de Périclès. On sait que le port d’Athènes n’était qu’un ensemble de constructions à usages purement maritimes. Or, il était pourtant bien plus éloigné de la grande ville qu’il desservait. La route  des Longs-Murs, par laquelle il communiquait avec Athènes, mesurait une longueur d’environ 6 kilomètres, tandis que Stora, à peine éloigné aujourd’hui de 4 kilomètres de Philippeville, était encore bien plus rapproché de Rusicade qui se prolongeait surtout vert l’Ouest.

 

  L'existence de ces greniers publics, au bord de la petite baie, devait l'animer d'une vie bruyante et y développer une activité que nous aimons à imaginer au milieu du calme et du silence qui en sont aujourd’hui les seuls hôtes. En visitant ces grandes voûtes, dissimulées maintenant derrière les mesquines façades des petites maisons de nos pêcheurs; en voyant dormir sur le sable de la plage leurs  frêles barques, nous ne pouvons nous empêcher de rêver, par contraste, aux grandes galères qui encombraient le port; nous assistons aux allées et venues d'une multitude de portefaix, de mesures, d'ouvriers et de scribes de toute sorte, occupés aux diverses œuvres du chargement; nous songeons alors à cette prévoyance admirable d'un puissant Etat, qui organise ainsi, dans toutes ses provinces, et assure le service de l'alimentation publique, appliquant, il y a prés de quinze cents ans, sans songer à les Coire subversives, des théories qui nous paraissent aujourd'hui anarchiques! Comme nous comprenons alors la joie décrite par Sénèque et qu'on éprouvait, de son temps, dans toute l'Italie, quand ces flottes, annoncées par de petits navires aux voiles légères, entraient dans ses ports pour amener leur précieux chargement aux entrepôts de l'Etat!

On n’a retrouvé à Stora même aucune trace d'autres bâtiments bien distincts de ces Magasins. Dans la mer, comme nous l'avons déjà dit, ne subsiste plus rien, ni du brise-lames qui protégeait le port, en tête de la jetée; ni de cette jetée elle-même, au boute de laquelle s'élevait un phare, et qui devait être, comme partout ailleurs, construite sur arcades, pour éviter l"ensablement; ni des quais qui enserraient la rade; ni des colonnes auxquelles  s'amarraient les navires; ni de la capitainerie; ni du temple de Vénus, sortant des flots, qui faisait toujours partie de l'aménagement maritime, et devait avoir, surtout ici, une place marquée; ni même des fortifications qui ne laissaient pénétrer, du côté de la terre, dans le port, que par de portes fortement défendus et qui ont dû certainement exister, pour protéger, contre tout coup de main, les importants approvisionnements qui y étaient amenés, de toute la province, par la route de Cirta, Ajoutons, enfin, qu’entre ces fortifications et les Magasins, devait se trouver un grand nombre d’habitations domestiques où  résidaient les familles des fonctionnaires de tout ordre, attachés aux services de l’Annone et du port, et les nombreux artisans, de condition libre au servile, affectés au travaux pénibles de l’emmagasinage et des chargements. 

Faut-il s’étonner qu rein de tout cela n’ait été retrouvé ? Nous ne le pensons pas, si nous considérons que, depuis des siècles, les terrains supérieurs ont subi de flots glissements qui ont dû profondément enfouir les ruines qu’ils ont trouvées sur leur passage. Nous avons, nous-mêmes, constaté ce phénomène, depuis notre établissement sur ce point de la côte. Si donc on pratiquait de profonds sondages au-dessus du petit village, adossé lui-même aux terres qui avaient presque recouvert les solides constructions dont nous venons de parler, nous estimons qu’on mettrait certainement à jour de  nombreuses substructions. L’essai, en tout cas, mériterait d’être tenté, sans de trop lourds sacrifices, sauf à aviser plus tard, si nos prévisions venaient à se réaliser.

Mais  il pourrait se faire pourtant qu’in n’en fût pas ainsi et que le port de Stora eût été réduit aux strictes installations du service maritime. La très grande proximité de Rusicade dont il était, pour ainsi dire, la porte d’entrée du côte de la mer, expliquerait alors assez bien cette absence de bâtiments, indispensables même à une petite bourgade. Il y aurait eu là une situation assez analogue, toutes proportions gardées, à celle de l’ancien Pirée  et de la ville de Périclès. On sait que le port d’Athènes n’était qu’un ensemble de constructions à usages purement maritimes. Or, il était pourtant bien plus éloigné de la grande ville qu’il desservait. La route  des Longs-Murs, par laquelle il communiquait avec Athènes, mesurait une longueur d’environ 6 kilomètres, tandis que Stora, à peine éloigné aujourd’hui de 4 kilomètres de Philippeville, était encore bien plus rapproché de Rusicade qui se prolongeait surtout vert l’Ouest.

 

 

La semaine prochaine : 

La dernière partie : Les Nécropoles du Port

 

 

 

 

 

L'idée

    clip_image001.jpgJ'ai lancé récemment un appel pour l'envoi des écrits et photos du port de Stora. J'ai reçu de la part de Madame A.P de France cet écrit avec deux photos de classes qui remontent aux années 1958 et 1959. Je la remercie vivement et je vous propose ces articles tirés d'un livre ancien en plusieurs parties. L'intitulé du livre n'est pas  connu, mais je  pense qu'il s'agit de la Revue Africaine.  Donc, on traite le Port Romain de Stora, mais en réalité tous les ports algériens dont celui de Stora ont été construits par les phéniciens. Les Romains après la chute de Carthage ont utilisé ces ports puniques et ils s'intéressaient  plutôt à l'intérieur des terres. En Algérie, ils ont bâti Timgad (ville militaire), Djemila, Tipaza, Tébessa et autres.  Les romains étaient des  terriens et non des navigateurs comme les autres peuples maritimes : Phéniciens, Grecs, viking et polynésiens

 

 

 

 

 

Voir & revoir les parties précédentes :
Cap...Le Port Romain de Stora (20/22)

 

(c)  Droits réservés à srigina pour la photo  du Port de Stora   et à srigina et A.P pour la photo des élèves. Reproduction et utilisation interdites sauf autorisation écrite préalable. 

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une storasienne 23/09/2010 23:00



Cette photo permet de bien voir  la nouvelle marina de Stora .Le port romain dont il est question nous parle des grandes galères qui venaient là. Aujourd'hui, elles sont remplacées par les
gros bateaux de plaisance,avec toujours les barques des pêcheurs. Stora du XXIème siècle!


Cordialement