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 srigina

Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie (6)

8 Mai 2012, 22:46pm

Publié par safir

 

Par Abdeslam Benlarbi

 

   Prologue

 Le cinquantenaire de l’Indépendance de l'Algérie me donne l'occasion de  participer modestement au débat sur la guerre d'Algérie. Je consacre une série d’articles chaque mercredi et tout au long des mois d'avril,  mai, juin et juillet 2012 pour des femmes et des hommes algériens qui ont servi l'Algérie pour les uns et la France pour les autres.  Dans cette démarche, je dois dire que je n'ai aucune  ambition d'écrire l'histoire de ces personnalités, mais un "arrêt sur images"" qui nous permet par la suite d'en faire l'autopsie sur leurs choix si besoin est.

Héros et traitres : On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs, mais les notions d'héroïsme et de trahison ont eu  toujours l'adhésion des membres d'une communauté. Aussi, ces mêmes notions  peuvent avoir des lectures ambigües. Pour la guerre d'Algérie,  notre façon de voir n'est pas  en contradiction avec la lecture de l'ex colonisateur. La France a considéré et continue à considérer les collaborateurs avec l'occupant allemand comme des traites. Toute la littérature en la matière ne dérobe pas à cette régle. Donc pour notre cas, tout collaborateur avec la France  durant la guerre d'Algérie (1 novembre 1954 - 5 juillet 1962) est considéré comme un traitre.

Le choix des personnalités : Pour les personnalités qui ont servi l'Algérie, J'ai fait un choix lié à des personnes qui ont continué leur combat pour défendre leurs idéaux jusqu'à leurs morts. Pour ce qui est des gens qui ont servi la France, le choix est allé vers des gens qui pouvaient réussir et prendre des responsabilités de première importance si leurs choix étaient différents. Je parle surtout de Messali El-Hadj , de Bachagha Boualem et le Général Belounis. Pour les Youssef Ben Brahim et Mme Yacout Zouzou,  c'est une découverte récente liée à la préparation de ces billets.

Terminologie : Harki vient du mot arabe Haraka (mouvement). Harki veut dire, un homme en mouvement. Le terme est lié à la guerre d'Algérie, les Harkis étaient des supplétifs musulmans engagés par l'armée française durant la guerre d'Algérie. Pour Jean Jacques Jordi, la Harka (le mouvement) naît  en 1830 lorsque des tribus prêtent allégeance à la France. Les Goums et Goumis: Le mot goum vient du mot arabe qum " se lève".  Les goums ont servi au Maroc, en Haute Volta, en Tunisie et en Algérie à partir de 1900. les spahis : Spahi est un mot d’origine turque. Les sibahis ou Spahis ce sont des troupes turcs qui se sont mis au service de la France en 1830 contribuant à la conquête de l’Algérie.

et enfin les zouaves : Les zouaves étaient des unités indigènes d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'armée de terre française (1830-1962).

 

Militaires et supplétifs « Français-Musulmans » au  service de la France(Mars 1962) selon plusieurs sources:
 
C. de Saint-Salvy
C. Brière
M. Ha-mou-mou
Gén. Faivre
Militaires de carrière
20 000
20 000
20 000
20 000
Appelés
40 000
-
40 000
17 000
Harkis
58 000
70 000
70 000
63 000
Mokhaznis
23 000
20 000
20 000
19 000
GMS/GMPR (Groupes mobiles de la protection rurale)
12 000
10 000
15 000
8 500
GAD (Groupes d'autodéfense)
60 000
60 000
60 000
55 000
Total
213 000
180 000
225 000
182 500
     
Source : Mohand Hamoumou, op. cit., p. 122. 19 Ibid., p. 119.
 Qui ont servi l'Algérie :
 Mohamed Boudiaf, Benyoucef Benkhada, Abdelhamid Mehri, Ali Mendjeli, Mme Djamila Bouhired, Cardinal Duval, Tayeb Boulahrouf, Annie Fiorio-Steiner, l'Abbé Berenguer,  Maurice Audin,  Henri Alleg,  Mohamed Harbi, Zohra Drif, etc
Qui ont servi la France
Messali El-Hadj, Bachagha Boualem, Général Belounis, Lieutenant Youssef ben Brahim,Mme Yacout Zouzou, Rémy Madoui etc.    

   Aujourd'hui : Maurice Audin & Lieutenant Youssef Ben Brahim

   Du côté algérien: Maurice Audin 

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maurice-audin.jpg

Né le 14 février 1932 à Béja (Tunisie) et décédé en 1957 à Alger (Algérie). Maurice Audin était assistant de mathématiques français à l’université d’Alger, membre du Parti communiste algérien (PCA) et militant de la cause nationale algérienne. Il était aussi Membre de la cellule Langevin des Étudiants communistes et de  l'association des étudiants musulmans, l'AEMAN (devenue en 1955 l'UGEMA). Parmi ses activités les plus connues  l'exfiltration clandestine à l'étranger de Larbi Bouhali, premier secrétaire du PCA, en septembre 1956.  

    Je ne connais pas Maurice Audin, mais je connais la Place Audin à Alger dans la rue Didouche Mourad (ex rue Michelly). En parlant du place Audin, on en a deux dont la deuxième a été inauguré à Paris en 2001. Aussi, une chose qui est sure, qu'a travers mes lectures, j'ai eu pris connaissance de la participation des Français d'Algérie ou de France au côté de la révolution. D'autres arabes et étrangers étaient parmi les révolutionnaires dont l'ex Président Syrien''El-Attassi"".

 Dans cette série de billets consacrés au cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, j'aime surtout écrie des mots qui me viennent à l'esprit sans aller au copie-collé des articles publiées dans le net.

Pour le cas de Maurice Audin, je dois tout simplement qu'il est martyr de l'Algérie assassiné par des parachutistes français en pleine bataille d’Alger, en 1957, après avoir été torturé. Français d'Algérie et surtout communiste. Le rôle des communistes (français et musulmans français) dans la révolution algérienne nécessite une étude très approfondie. On dit que les communistes avaient leur agenda contrairement aux nationalistes et aux oulémas.  Je reviens à cette occasion au livre de Hafid Khatib intitulé : " 1 er Juillet 1956: L'accord FLN-PCA et l'intégration des ''Combattants de la libération'' dans l'armée de libération nationale en Algérie publié par l’office des publications universitaires d'Alger 91. C'est le seul écrit historique que j'ai pu avoir depuis des années et qui retrace la relation des communistes avec la révolution algérienne. Dans ce livre, les noms d'algériens et de français (d'Algérie et de l'hexagone) se côtoient dans la lutte internationale prônée par les communistes et la lutte pour la libration de l'Algérie. Les noms, d’Enri Aleg d’Henri Maillot, Georges Marcelli, Fernand Iveton, Jean Farrgia, Claude Duclerc et d’autres sont cités dans la lutte des communistes algériens contre l’occupation française.

 

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Du côté français: Lieutenant Youssef Ben Brahim 

Né en 1927 dans la région de Saida en Algérie- assassiné le 27 juillet 1968 par un des ses anciens fidèles en France.

  C'est un harki qui a rendu la vie difficile aux algériens.  Il était à côté de la révolution mais il a changé de veste aprés 1958. La documentation publiée dans le net le cite comme un professionnel connaisseur des structures de la révolution qui lui ont permis de mener la vie dure à ses compatriotes

Youcef Ben Brahim est né dans la tribu des Yousfi, qui vit sur le haut plateau des Hassasna, dans la région de Saïda, située dans l’ouest de l’Algérie.

A partir de 1954, lorsque la guerre éclate, il va effectuer pour le compte de la rébellion des livraisons d’armes, de munitions, de médicaments et de fonds, en provenance du Maroc, pour les besoins de divers maquis qui se sont créés sur le territoire algérien.

Mais en 1958, n’étant plus d’accord avec les dirigeants du F.L.N. du Maroc, il décide de cesser cette activité. Cette attitude lui vaut d’être dénoncé, arrêté par l’armée française, et interné au Centre de Transit de Saïda.

C’est à la même époque que le capitaine Georges Grillot cherche à recruter des rebelles prisonniers ou ralliés, afin de constituer un commando de chasse qui va prendre le nom de « Commando Georges », avec pour devise, « Chasser la misère ».

Le 18 juin 2010, l'armée de terre française a donné le nom de "Lieutenant Youssef ben Brahim"  à la nouvelle promotion d'officiers formés à l'Ecole d'application de l'infanterie (EAI) de Montpellier, "la Mecque des fantassins"

       Note : Pour préparer cette série d'articles, je trouve peu de Harkis qui ont réussi dans la vie. Contrairement aux parents, quelques enfants de Harkis ont pu franchir tous les obstacles pour faire une place dans la vie professionnelle et sociale en France. Pour les Harkis qui sont restés en Algérie, aucune étude n'a été consacrée à cette population.

 

                                                                 voir :

    Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie

Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie (1)

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