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 srigina

Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie (4)

24 Avril 2012, 22:16pm

Publié par safir

Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie (4)

Par Abdeslam Benlarbi

 

 

 

   Prologue

 Le cinquantenaire de l’Indépendance de l'Algérie me donne l'occasion de  participer modestement au débat sur la guerre d'Algérie. Je consacre une série d’articles chaque mercredi et tout au long des mois d'avril,  mai, juin et juillet 2012 pour des femmes et des hommes algériens qui ont servi l'Algérie pour les uns et la France pour les autres.  Dans cette démarche, je dois dire que je n'ai aucune  ambition d'écrire l'histoire de ces personnalités, mais un "arrêt sur images"" qui nous permet par la suite d'en faire l'autopsie sur leurs choix si besoin est.

Héros et traitres : On dit que l'histoire est écrite par les vainqueurs, mais les notions d'héroïsme et de trahison ont eu  toujours l'adhésion des membres d'une communauté. Aussi, ces mêmes notions  peuvent avoir des lectures ambigües. Pour la guerre d'Algérie,  notre façon de voir n'est pas  en contradiction avec la lecture de l'ex colonisateur. La France a considéré et continue à considérer les collaborateurs avec l'occupant allemand comme des traites. Toute la littérature en la matière ne dérobe pas à cette régle. Donc pour notre cas, tout collaborateur avec la France  durant la guerre d'Algérie (1 novembre 1954 - 5 juillet 1962) est considéré comme un traitre.

Le choix des personnalités : Pour les personnalités qui ont servi l'Algérie, J'ai fait un choix lié à des personnes qui ont continué leur combat pour défendre leurs idéaux jusqu'à leurs morts. Pour ce qui est des gens qui ont servi la France, le choix est allé vers des gens qui pouvaient réussir et prendre des responsabilités de première importance si leurs choix étaient différents. Je parle surtout de Messali El-Hadj , de Bachagha Boualem et le Général Belounis. Pour les Youssef Ben Brahim et Mme Yacout Zouzou,  c'est une découverte récente liée à la préparation de ces billets.

Terminologie : Harki vient du mot arabe Haraka (mouvement). Harki veut dire, un homme en mouvement. Le terme est lié à la guerre d'Algérie, les Harkis étaient des supplétifs musulmans engagés par l'armée française durant la guerre d'Algérie. Pour Jean Jacques Jordi, la Harka (le mouvement) naît  en 1830 lorsque des tribus prêtent allégeance à la France. Les Goums et Goumis: Le mot goum vient du mot arabe qum " se lève".  Les goums ont servi au Maroc, en Haute Volta, en Tunisie et en Algérie à partir de 1900. les spahis : Spahi est un mot d’origine turque. Les sibahis ou Spahis ce sont des troupes turcs qui se sont mis au service de la France en 1830 contribuant à la conquête de l’Algérie.

et enfin les zouaves : Les zouaves étaient des unités indigènes d’infanterie appartenant à l'Armée d'Afrique qui dépendait de l'armée de terre française (1830-1962).

 

Militaires et supplétifs « Français-Musulmans » au  service de la France(Mars 1962) selon plusieurs sources:
 
C. de Saint-Salvy
C. Brière
M. Ha-mou-mou
Gén. Faivre
Militaires de carrière
20 000
20 000
20 000
20 000
Appelés
40 000
-
40 000
17 000
Harkis
58 000
70 000
70 000
63 000
Mokhaznis
23 000
20 000
20 000
19 000
GMS/GMPR (Groupes mobiles de la protection rurale)
12 000
10 000
15 000
8 500
GAD (Groupes d'autodéfense)
60 000
60 000
60 000
55 000
Total
213 000
180 000
225 000
182 500
         
Source : Mohand Hamoumou, op. cit., p. 122. 19 Ibid., p. 119.
 Qui ont servi l'Algérie :
 Mohamed Boudiaf, Benyoucef Benkhada, Abdelhamid Mehri, Ali Mendjeli, Mme Djamila Bouhired, Cardinal Duval, Tayeb Boulahrouf, Annie Fiorio-Steiner, l'Abbé Berenguer,  Maurice Audin,  Henri Alleg,  Mohamed Harbi, Zohra Drif, etc
Qui ont servi la France
Messali El-Hadj, Bachagha Boualem, Général Belounis, Lieutenant Youssef ben Brahim,Mme Yacout Zouzou, Rémy Madoui etc.    
 

 

 

  Aujourd'hui : Djamila Bouhired & Yacout Zouzou

 

 

  Djamila-BouhiredDjamila-Bouhired-2-copie-1.jpgmna12Du côté algérien:   Djamila Bouhired

Personne n'est prophète dans son pays. Ce proverbe s'applique surtout à la combattante pour la liberté Djamila Bouhired.Très connue en orient plus qu'en Algérie, Djamila Bouhired est une héroïne de la guerre de libération nationale (1954-1962). Personnellement, j'ai lu son histoire dans les années 1970 dans une revue arabe ''Kol El Arabes" publiée à Paris. Malgré les changements en Algérie, on continue de la négliger, dernièrement  elle a lancé un appel de détresse face à ses problèmes avec la vie quotidienne dont son récit :

« Monsieur,

Je me permets d’attirer votre attention sur ma situation critique. Ma retraite et la petite pension de guerre que je perçois ne me permettent pas de vivre convenablement. D’ailleurs, mon épicier, mon boucher, ma supérette pourront témoigner des crédits qu’ils m’accordent.

Il ne m’est jamais venu à l’esprit de compléter mes revenus par des apports frauduleux qui, malheureusement, sont très fréquents dans mon pays. Je sais que certains authentiques moudjahidine et moudjahidate sont dans la même situation, probablement plus critique. Je n’ai pas la prétention de les représenter ici, mais au poste où vous êtes, vous ne pouvez ni ne voulez connaître leur dénuement.

Ces frères et sœurs, dont l’intégrité est connue, n’ont bénéficié d’aucun avantage. La somme qui leur serait allouée ne pourrait dépasser les honoraires généreux attribués aux députés et sénateurs, ainsi qu’à vous-même et à tous les alimentaires qui vous entourent. Ainsi, je vous demanderais de ne plus nous humilier et de revaloriser notre dérisoire pension de guerre afin de vivre dans un minimum de dignité le peu de temps qui nous reste à vivre.

Avec mes sentiments patriotiques. » Lettre ouverte adressé le 9 décembre 2009 au président de la République.

Aussi, le 19 avril 2012  le quotidien algérien "El Watan" a publié encore une fois un autre appel de détresse émanant de Djamila Bouhired qui n'a pas pu prendre l'avion en destination de France pour se soigner en raison de manque d'argent.
Pour la biographie de Djamila  Bouhired, je peux dire que sa vie a fait l'objet d’un film et de plusieurs écrits. Née en 1935  dans une famille de classe moyenne, elle est scolarisée dans une école française. Elle rejoint le Front de libération nationale durant ses années étudiantes. Elle travaillera plus tard comme officier de liaison et assistante personnelle de Yacef Saadi à Alger.
En avril 1957, elle est blessée dans une fusillade et capturée par l'armée française.. Elle est  graciée et libérée en 1962.
Elle travaille après sa libération avec Jacques Vergès, qu'elle épousera en 1965, sur Révolution africaine. Elle a eu 2 enfants de son mariage avec Vergès.

                Du côté français : Yacout Zouzou 

 

Aucune comparaison entre Djamila Bouhired et Yacout Zouzou. Cette dernière reste une exception dans la société algérienne où la participation de la femme algérienne du côté de l'occuprant était exceptionnelle. Aussi, Peu d'informations sur cette femme qui s'est engagée comme Harkette avec la France dans la Section administrative spécialisée ( SAS) de Hanoteau  (l'actuelle Zeboudja) dans la wilaya (département) de Chelef (ex-El Asnam, ex-Orléansville) puis Harkette au 2/22/RI à Paul Robert. Selon ses proposes : "  Je m’appelle Yacout Zouzou , j’ai quitté Ténès à l’âge de 14 ans. Je me suis engagée à la S.A.S de HANOTEAU. Je revenais de temps à autre à Ténès, mais j’y restais très peu de temps.  Le Commandant de Montalembert commandait la S.A.S. d’Hanoteau à cette époque.  J’ai ensuite été harkette au 2/22ème Régiment d’Infanterie à TENES, et détachée au 1/18ème R.A. à PAUL ROBERT. Sous protection militaire, j’étais chargé d’assurer l’action psychologique, l’infirmerie, et le conseil aux femmes dans les douars. De temps à autre, je servais également d’interprète.

 A Ténès, j’étais sous les ordres du Colonel Ernaud, qui a organisé en 1962 mon rapatriement en France". (Blog de Michel).

 

  Note : Pour préparer cette série d'articles, je trouve peu de Harkis qui ont réussi dans la vie. Contrairement aux parents, quelques enfants de Harkis ont pu franchir tous les obstacles pour faire une place dans la vie professionnelle et sociale en France. Pour les Harkis qui sont restés en Algérie, aucune étude n'a été consacrée à cette population.

.....................................

vous avez mit des image d'une harkette qui n'a donner aucune autorisation de publier ses photos personnel ce qui constitue un délit sur le droit a l'image.
je vous demande instamment de retirer les photo de Mme yacout zouzou dans la page .

(21 novembre 2013)

 

                                                                 voir :

    Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie

Cap...Le cinquantenaire de l' Indépendance de l'Algérie (1)

Commenter cet article

flaùby 20/11/2013 23:04

je tenais a dire que les photos misent sur un site demande des droit a l'image du concerné et le respect de sont intégrité physique...

safir 05/09/2014 20:36

Pour Ouchaou Mehenna,
Merci pour votre commentaire. J'ai enlevé la photo de cette Harkette pour éviter des complications inutiles : Il y avait une photo durant la guerre de libération, elle était en tenue militaire de l'autre camps et une photo récente dans sa vie actuelle. Je pouvais garder la première et camper sur ma position parceque ça fait partie de l'histoire, mais je pense que la photo de notre héroïne Djamila Bouhired nous suffit.

ouchaou mehenna 05/09/2014 15:57

bravo pour cette harkette qui a un peu perdu les 04 point cardinaux durant cette guerre si compliquée pour tout le monde moi je suis fellaga donc j'ai bien choisi mon camp puisque je suis vainqueur vive l'ALN ET l'algerie bravo pour vos opinion que vous défendez.merci

melissa 20/11/2013 22:22

je ne vois pas pourquoi et encore vous vous acharnez à dire des harkis qu'ils n'ont pas réussi en France, j'en connais beaucoup et désolé de vous dire qu'ils ont tous pour la plupart un job, une maison et que tout va bien pour eux ! ceci dit quand on connais bien l'histoire, et qu'on est honnête, les harkis n'ont pas trahi leur pays, ils voulaient rester français, l’Algérie n'était elle pas française ? et j'aimerai vous voir là tous que vous etes, si on éventait vos mères et père's devant vous comment vous auriez réagi, sûrement que vous auriez embrassez les pieds des fln ? alors laissez les harkis tranquille, vous n'avez pas vécu ceux qu'ils ont subi, les algériens ne sont pas des sains de leur coté a

safir 22/11/2013 11:20

Pour Melessa. Honnêtement, je pense que ce modeste article n'a pas porté des jugements de valeurs, au contrarie il est d'une objectivité intellectuelle sans faille. Dans le prologue, j'ai donné des définitions classiques inspirés des définitions universelles sans aller à porter des jugements personnels.

nancy bussutil 27/04/2012 23:59


bonsoir safir, je voulais vous informer, qu'en ce moment, je lis un magazine d'histoire dont le titre "des royaumes berbères à l'indépendance" L ALGERIE ET LES ALGERIENS. vous le trouverez
surement dans les magasins de presse. j'ai appris notamment que dans les années 1830/1860 les mariages mixtes étaient autorisés entre officiers français et femmes musulmanes et ce jusqu'en
1870/1880. vous verrez ce livre est très intéressant et on y apprend des choses que je n'avais jamais lues jusqu'à present. amicalement

safir 29/04/2012 02:50



Je vais voir si je peux avoir ce livre chez nos libraires s'il est disponible. Je sais aussi, qu'à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance plusieurs publications dans ce volet sont
programmées.



nancy bussutil 27/04/2012 00:36


c'est vrai que les harkis ont été abandonnés par la FRANCE. leurs enfants souffrent de tout cela depuis 1962. d'ailleurs la FRANCE en 1962 a laissé tout le monde, même les français d'Algérie. je
ne veux pas refaire l'histoire, mais je pense sincèrement que si la FRANCE avait été honnête vis à vis du peuple algérien pendant les 2 grandes guerres, elle aurait dû donner les mêmes droits aux
algériens qu'au français. les algériens qui se sont battus en FRANCE n'ont eu aucune reconnaissance et je le déplore totalement. amicalement

safir 27/04/2012 04:24



C'est une approche historique dont je partage sa logique.



Rima 26/04/2012 21:57


Dans l'une des bibliothèques à Nancy, j'ai feuilleté une fois un livre qui parlait 'd'héroïnes de guerres" , il évoquait des femmes qui ont militaient d'une manière ou d'une autre pour  la
France, j'ai tout de suite pensé qu'il y avait des "Harkiettes" en Algérie, hélas, je ne me souviens d'aucun nom.....


Merci Safir pour ces cours d'histoire!


Bonne soirée

safir 27/04/2012 04:22



Donc, ce genre de billets nous permet de revoir nos copies et si l'occasion se présente des recherches plus intenses sont nécessaires pour connaitre et surtout pour comprendre les choix des uns
et des autres. Pourquoi un moment donné, telle personne a pris tel engagement  au détriment d'un autre. L'histoire humaine est pleine de récits plus au moins émouvants.


 



nancy bussutil 26/04/2012 17:20


je savais qu'il y avait des harquettes, je l'ai su en lisant. par contre ce que je ne sais pas et peut être que l'on pourra éclairer ma lanterne.étaient elles nombreuses ces femmes ? que sont
elles devenues ? amicalement

safir 26/04/2012 19:14



Moi personnellement je découvre ce monde, mais en général les gens qui  étaient en service de la France durant la guerre de libération nationale (1954-1962) ont perdu des deux côtés et je ne
pense pas que les harquettes et les harkis ont réussi dans leurs vies. Au contraire, leurs enfants décrivent le comportement inhumain de l'administration française envers cette population de 1962
jusqu'à la fin des années 1970. Aussi, la situation actuelle des harkis et leurs enfants n'est pas formidable.



Agnès 25/04/2012 17:04


Tu me fais découvrir qu'il y a eu des harkettes!!!


Toujours très interressant tes billets du mercredi.


A bientôt

safir 25/04/2012 20:38



 Mais pour respecter la logique de ces billets, j'aurai un problème de trouver des harkis d'une certaine position sociale. De surcroît les personnalités qui ont servi l'Algérie et ceux qui
ont servi la France, n'ont pas le même rang. Face au Cardinal Duval, je ne trouve pas un religieux algérien de ce rang qui a trahi son pays.



Gérard Méry 25/04/2012 16:12


Un rappel très intéressant à la mémoire qui fait partie de l'histoire de l'Algérie

safir 25/04/2012 20:32



L e cinquantenaire de l'indépendance d'Algérie est une occasion pour faire un bilan des
relations entre la France et l'Algérie et surtout regardons l'avenir!