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 srigina

Cap... Journal d'un Musulman Allemand (45)

10 Décembre 2012, 16:56pm

Publié par safir

 

 

 

  • DSC00026-copie-1 blogs MUrad 20Hoffman 4308 631957 xlargePar

 Murad Wilfried Hofmann

( Ex Ambassadeur de la RFA à Alger )

                Aujourd'hui : A Propos de femmes voilées

                                 Médine, le 25 décembre  1982

 

 

 

 

Nous nous dirigeons le soir vers la Mosquée du Prophète-  exagérément décorée et un peu trop flamboyante à mon goût, afin de participer à la prière du Maghreb.

Nous, devons nous séparer, ma femme et moi. Elle disparût parmi des centaines d'autres femmes, toutes identiques à la vue, toutes voilées et recouvertes de la même tunique (abaya) noire.

Après la prière et ressentant vivement un changement de rôles, je l'attends patiemment sous un lampadaire où elle devait me trouver. (L'autre possibilité : moi, essayant  d'identifier ma femme aurait été par  trop risquée dans un pays où  les hommes n'abordent pas les femmes).

 En attendant, je médite sur le pour et le contre de la coutume Wahhabite de voiler si entièrement les femmes, une coutume qui n'est pas arabe mais, à l'origine Byzantine et Iranienne. Les femmes de rang social aisé ont, de toute  évidence, estimé qu'elles pouvaient accentuer leur " classe " en se recouvrant au voile. Elles apparaitraient, grâce à ce moyen qui les fait  distantes, plus rares et plus  précieuses. Evidement, le port de voile ne manquerait pas d'accroître, simultanément, la tendance orientale à la jalousie.

C'est en tout cas un fait que les femmes, au temps du Prophète et immédiatement après, n'étaient pas totalement voilées. Les femmes bédouines en Arabie Saoudite ne le sont toujours pas autant. En effet, les femmes pèlerines à la Mecque ne doivent pas être voilées car celles qui les ont précédées, contemporaines du Prophète, ne l'étaient assurément pas quand elles allaient du Pèlerinage.

D'un côté, ce n'est pas sans logique que les femmes Saoudiennes voient volontairement au-delà de l'obligation Coranique de se recourir. Si le but, en recouvrant les cheveux d'une femme, son buste et ses bras, est d'assurer qu'elle ne devienne un objet, sexuel, de protéger les mariages des situations fâcheuses et embêtantes et d'éviter une vaine et  ruineuse concurrence de beauté et de mode parmi les femmes, si le but est donc de les libérer de ces trois particularités, pourquoi alors de si forts ponts de fixation sexuelle que les yeux, la bouche et les chevilles devraient -ils rester exposés?

De l'autre côté, l'histoire de la mode  nous démontre amplement que  le voile peut être extraordinairement attirant et que les points de préoccupation sexuelle du mâle changent périodiquement, comme le montre bien le processus historique du raccourcissement de la jupe durant le 19ème siècle.

Le scandale d'aujourd’hui est la banalité de demain.

Evidement, on peut prétendre  que la question de savoir où tracer  la ligne est de peu d'intérêt sinon peu pertinente. Il faut toujours quelque limite au déshabillage, n'est-ce pas?

Si ceci est accepté, la ligne même, voile total ou partiel, est d’importance secondaire.

La solution islamique à ce problème doit être tirée de son orientation vers deux princes majeurs : de faire prévue de réserve et de modération, et d'équilibrer le but et les moyens. La plupart des Musulmanes se couvrent ainsi de manière sensiblement adéquate et proche des saines prescriptions de la Sunnah.

En évitant le voile total, la Muslima montre que la stabilité de son mariage n'est pas seulement fonction d'indisponibilité, c'est -à dire, de l'absence d'autres chances. Ce serait une honte, n'est-ce pas, que les partenaires Musulmans ne restant fidèles l'un à l'autre que par le manque de comparaisons sexuelles.

Qu'une Muslima se voile n'est donc pas un symptôme de son immaturité ou de celle, de son mari. C’est bien le contraire.

 

 

 

La semaine prochaine :  A Propos de femmes voilées

                                 Médine, le 25 décembre  1982 

 

Voir aussi :   

Cap...Journal d'un Musulman Allemand (44)

&


Vagues...La Médine

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Cap

 

 


  Murad Wilfried Hofmann est un docteur de droit et ex Ambassadeur de la République Fédérale d'Allemagne en Algérie. Son livre " Journal d'un Musulman Allemand"  est divisé en plusieurs parties (plus de 90 billets) retraçant la vie de cette personnalité diplomatique de 1951 à 1985 (Traduit de l'Anglais par Lamine Benallal et Abdelhadi Mesdour. Edition Delta- Alger 1990). J'ai acheté ce livre le 22.11.1990 à Alger comme j'ai suivi les activités de ce converti à l'Islam depuis plusieurs décennies. Aussi, lors des fêtes islamiques, on se rappelle des communiqués de l'Agence Algérie Presse qui parlait de la présence des ambassadeurs des pays islamiques  à ces fêtes avec l'ambassadeur de la RFA. (Le Webmaster).

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